04.05.2009

En suspension- Jeux de rôles, ending

Les persiennes et le petit matin qui nous cueillent encore étourdis par la fatigue colorent joliment le futon et nos corps en désordre.

Instantanés de ta bouche sur moi, de la mienne sur son sexe, de la sienne sur la tienne.

Grands éclats de rires gamins ponctuant le très sérieux trio.

Bouffées de fumée qui s’effilochent lentement tandis que je songe au Caravage et David Hamilton, ses mises en scènes kitch et son infaillible sens de la nymphette cher à Humbert Humbert.

La scène oscille, mes hanches se balancent sous les assauts de ce petit fauve joueur et je souris tandis que tu macules ma joue de sperme.

La légèreté, enfin.

11.04.2009

Echauffement- Jeux de rôles, part 2

 

 

Je suis si fatiguée que je ne suis pas sûre d’avoir envie de tes manigances imbibées et de vous deux dans mon lit et mon corps.

La vue de vos bouches qui se joignent me rassure sur mon désir. Je sens que lui aussi a envie de ta peau douce et de tes manières brutales.

Seulement éclairés par l’écran de mon ordinateur, je devine vos queues tendues sous les tissus.

As-tu vraiment envie de l’homme de ma vie ? Je ne parviens pas à savoir ce qu’il en est.

Tu te laisses caresser, dans ton détachement royal et d’un geste négligent tu enlèves mon soutien gorge. Nous sommes maintenant deux bouches à t’accueillir, nos langues mêlées sur ton frein sans toutefois parvenir à t’arracher un gémissement.

Tu nous congédies un instant pour fumer tandis que nous nous dirigeons vers la chambre.

Mon compagnon me prend brutalement, cherchant à reconquérir ce corps que je t’abandonne parfois. Lui aussi se montre plus brusque, malmenant mon sexe, l’éperonnant de coups de reins désordonnés inhabituels.

C’est le moment que tu choisis pour revenir et envahir ma bouche, m’étouffer avec ton sexe.

C’est si bon que je jouis une première fois, inondant le lit et trempant mes cuisses brûlantes.

Combien de temps s’est-il écoulé ?

Je ne parviens pas à reconnaître les doigts qui me fouillent. Mais peu importe le flacon….

J’aspire vivement entre mes dents sous la première poussée d’un sexe impérieux dans mon cul. Je cherche à me dilater encore pour ne pas trop souffrir lorsque tu me pénètres entièrement, tes couilles heurtant mes fesses tandis qu’il s’empare de ma main pour que le fasse durcir entre mes doigts tremblants.

Tu m’emplis si absolument que je me demande comment je supporterais ton absence.

Tu te retires brutalement pour prendre ma chatte et aller et venir toujours plus profondément, frottant maladroitement mon clitoris. Tu gémis pour la première fois et te voir t’abandonner enfin m’inonde.

Le sexe de mon amour se contracte et son sperme tiède poisse mes seins et mes lèvres.

Il flotte désormais dans la chambre une lourde odeur de sexe, à la fois fade et âcre qui m’étourdit un peu.

Nous restons seuls avec nos doutes. Te souviendras tu de ce que tu m’as dit ce soir là, de ce programme sensuel que tu as élaboré pour moi ?

 

J’en doute et un vif élancement me tord la poitrine alors que tu te penches à nouveau sur moi….

29.03.2009

They call it Master and servant....

Ce qui est si compliqué entre nous devient léger avec l’ivresse. Mes pensées se font plumes et je te suis pour te raccompagner dans cet escalier froid. A peine le temps d‘échanger quelques mots, mes lèvres et les tiennes se cherchent déjà, se mordent.

Je distingue ton visage dans le halo rougeoyant de ta cigarette, tandis que tu m’ordonnes d’enlever mes sous-vêtements pour te laisser l’accès libre à mes seins que tu malmènes à m’en faire crier. Jamais je ne me suis sentie excitée ainsi à l’idée d’être manipulée de la sorte. Je rampe à tes pieds pour libérer ta queue. J’avais oublié sa dureté, son goût et son volume que je redécouvre avec la langue. Ma bouche est sèche, ma chatte est trempée. Je meurs d’envie que tu me prennes contre le mur mais ta langue puis tes doigts s’égarent en moi, brutalement. J’halète et tes mots crochètent mon cerveau. Oui, je serai ta chienne et tu seras pour moi un bon maître, oui je me laisserai abuser, me laisserai fouetter, me laisserai écarteler de la sorte en ta présence.

 

Tu étouffes mes gémissements de ta main tandis que je jouis, éclaboussant le sol glacé.

 

L’écho de cette cascade intime me parait bizarrement poétique, comme si de cette eau allait naître quelque chose. Tu trempes tes doigts dans la flaque agréablement salée et me fait goûter tes doigts. Je regrette de ne pas t’avoir fait jouir, j’aurais voulu te sentir jaillir sur ma langue.

 

La porte claque, tu es parti et je suis seule, à moitié nue, encore humide.

 

Avant de remonter chez moi, je ne peux m’empêcher de m’accroupir et de toucher cette flaque solitaire.



Et demain, tu seras sobre et tout redeviendra laborieux.